[DIVERSITHEQUE] Chronique de Binti 2 de Nnedi Okorafor

Résumé : De retour sur Terre après son année passée à l’université intergalactique d’Oomza, la jeune Binti n’en a pas fini avec les surprises. Elle vient d’apprendre qu’elle est la descendante des Enyi Zinariya, un peuple extraterrestre, et elle se retrouve désormais capable de communiquer sans technologie tierce à travers de grandes distances. Mais la découverte de ce nouveau don, qu’elle maîtrise encore difficilement, s’accompagne d’une douloureuse nouvelle : pendant sa retraite dans le désert, les Khoush ont attaqué son village et sa famille a péri dans l’incendie de leur maison. Mais le temps du deuil n’est pas encore venu : Binti doit d’abord parvenir à concilier ses natures humaine et extraterrestre pour ramener la paix au sein de son peuple… quel qu’en soit le prix.

Editeur : ActuSF (Naos)
Date de sortie : Mai 2021
Genre : SF, adulte
Nombre de pages : 280

Radar à diversité : pp Noir + #ownvoices

L’avis de @Sarah_Ghey : À travers mes lectures sur la représentation racisée en fantasy, le nom de Nnedi Okorafor est beaucoup revenu. Ses nouvelles (Kabu Kabu, actusf) m’intimidaient, son roman Qui a peur de la mort ? encore plus. Et bien qu’Akata ait été traduit entre temps, il n’y avait que Binti de disponible. Une personne racisée qui quitte sa terre pour l’université, je ne pouvais qu’être conquise – et je l’ai été. Vous pouvez lire l’avis de le blog ici.
Dans le premier tome de Binti publié chez ActuSf, on peut retrouver en réalité les deux premiers tomes ainsi qu’une novella (un 1.5). Le deuxième tome à paraître chez ActuSF correspond donc au troisième tome de l’édition américaine, et à la fin de sa trilogie.
Sans trop vous spoiler : bien que très attachée à l’héroïne et à l’univers de Okorafor, j’ai retrouvé les défauts présents dans le premier tome : tout s’enchaîne très vite, et se résout très vite, allant parfois presque jusqu’au ta gueule c’est magique.

/!\ Spoilers :

En VO, le titre du troisième tome est : The Night Masquerade. On le retouve également dans la dédicace « to those who aren’t supposed to see the Night Masquerade, but see it anyway. May you have the courage to answer the Call to Adventure ». À celleux qui ne sont pas supposé.es voir la Mascarade de Nuit, mais la voient quand même. Puissiez vous trouver le courage de répondre à l’Appel de l’Aventure. »
Dans le deuxième tome, après avoir vu « the Night Masquerade », une créature de légende de sa communauté que seuls les hommes Himba sont censés voir, Binti est enlevée par les gens du désert – Enyi Zinariya dans leur langage. Elle découvre être en partie Enyi Zinariya du côté de son père et en conséquence posséder en elle une technologie alien qu’elle décide d’activer – lui permettant de communiquer avec ce peuple même à distance. Au cours de son séjour chez eux, elle se rapproche de Mwinyi, un membre des Enyi Zinariya, maître harmoniseur également. Alors qu’elle lutte avec son identité multiple (Himba, Meduse et Enyi Zinariya), elle ressent la détresse de Okwu : les Koushs sont en train d’attaquer, sa famille est en danger. C’est là où nous avions laissée Binti.
Dans ce troisième et dernier tome, Binti tente d’obtenir la paix entre le peuple des Koushs et celui des Meduses. En tant que maître harmoniseur, Binti demande aux anciens de sa communauté Himba d’invoquer un pouvoir ancien, pour amener la paix. Abandonnée par eux, soutenue par la Mascarade de Nuit, elle l’invoque elle-même et obtient des chefs de se rendre et d’abandonner le combat. Mais des tirs sont tirés, Binti est blessée et le combat entre les Koushs et les Meduses perdurent dans l’espace. Alors que tous et toutes déplorent sa mort, sa famille s’avère avoir survécu. Okwu et Mwinyi emmènen le corps de Binti là où elle désirait se rendre : Saturne.
Le vaisseau qui l’a emmenée à l’université dans le premier tome a eu un bébé : New Fish. Pendant le voyage, parce qu’il était très jeune, il a réussi à la GUERIR. Nous sommes donc à notre deuxième ils sont morts en fait non. Et tout ça : parce que des aliens voulaient une RECOMMANDATION. Ils ont appelée Binti jusque Saturne pour savoir si elle se plaisait à l’université.
On finit donc la trilogie avec une Binti à l’identité encore plus multiple – Binti Ekeopara Zuzu Dambu Kaipka Meduse Enyi Zinariya New Fish de Namib – en admiration devant cette université qui semble être un paradis d’inclusivité, où on lui explique qu’elle n’est que grandie par le fait d’appartenir à autant de peuples, et donc à autant de familles.
Elle ne sait pas si elle pourra avoir des enfants, et il se pourrait qu’elle leur transmette ses cheveux méduses et son lien à New Fish. Et elle sait avec certitudes qu’elle ne pourra pas être à plus de quelques kilomètres de New Fish.
Mais elle finit entourée de ses ami.es et de son amoureux – Mwinyi – à Oomza.
La résolution est à la hauteur de la construction et des personnages et des différents univers de la trilogie. Je regrette quelques facilités d’écriture – les morts ramenés à la vie il faut arrêter – et l’idéalisation qui est faite de l’université. Et je demande solennement à ce que personne me fasse aller dans l’espace pour avoir un avis sur la Sorbonne – c’est nul, fuyez.

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