[LECTURES GRAPHIQUES] Indésirables, Blanc Autour, Le Jardin & Saga

Titre : Les indésirables de Kiku Hughes

Résumé : Kiku a 16 ans. Americano-japonaise, elle se sent déconnectée de son héritage japonais et en sait peu sur l’histoire de sa famille qui cultive le secret.
Alors qu’elle est en vacances avec sa mère à San Francisco, elle se retrouve brusquement dans les années 1940, propulsée dans un des camps qui a fleuri sur le territoire américain au lendemain de Pearl Harbor. Parquée, Kiku partage le quotidien de sa jeune grand-mère et de 120 000 citoyens nippo-américains déchus de tous leurs droits civiques par leur propre gouvernement, car accusés d’être des ennemis de la nation…

Radar à diversité : pp américano-japonaise et saphique + autrice américano-japonaise

Mon avis : Les indésirables est un roman graphique absolument génial, un mélange de fiction et de mémoire, sur la puissance des souvenirs et des traumatismes intergénérationnels. On y suit Kiku, une jeune fille américano-japonaise qui sait très peu de chose sur la culture japonaise et sur l’histoire de sa famille. Les camps d’internement c’est une partie de l’Histoire dont je sais peu de choses et que j’apprends à connaître à travers des romans. En tout cas j’ai trouvé cette histoire très forte avec un concept intéressant (le fait de vivre des souvenirs anciens de sa famille). On y apprend beaucoup de choses sans en avoir l’air. J’ai beaucoup aimé que l’autrice fasse aussi le lien avec la politique anti-immigration actuelle, parle du mythe de la minorité modèle etc.

10/10

Titre : Blanc Autour de Stéphane Fert

Résumé : 1832, Canterbury. Dans cette petite ville du Connecticut, l’institutrice Prudence Crandall s’occupe d’une école pour filles. Un jour, elle accueille dans sa classe une jeune noire, Sarah.
La population blanche locale voit immédiatement cette « exception » comme une menace. Même si l’esclavage n’est plus pratiqué dans la plupart des États du Nord, l’Amérique blanche reste hantée par le spectre de Nat Turner : un an plus tôt, en Virginie, cet esclave noir qui savait lire et écrire a pris la tête d’une révolte sanglante. Pour les habitants de Canterbury, instruction rime désormais avec insurrection. Ils menacent de retirer leurs filles de l’école si la jeune Sarah reste admise.
Prudence Crandall les prend au mot et l’école devient la première école pour jeunes filles noires des États-Unis, trente ans avant l’abolition de l’esclavage. Nassées au coeur d’une communauté ultra-hostile, quelques jeunes filles noires venues d’un peu partout pour étudier vont prendre conscience malgré elles du danger qu’elles incarnent et de la haine qu’elles suscitent dès lors qu’elles ont le culot de vouloir s’élever au-dessus de leur condition. La contre-attaque de la bonne société sera menée par le juge Judson, qui portera l’affaire devant les tribunaux du Connecticut. Prudence Crandall, accusée d’avoir violé la loi, sera emprisonnée…
La douceur du trait et des couleurs de Stéphane Fert sert à merveille ce scénario de Wilfrid Lupano (Les Vieux Fourneaux), qui s’est inspiré de faits réels pour raconter cette histoire de solidarité et de sororité du point de vue des élèves noires.

Radar à diversité : pp afro-américain

TW : n-word, racisme

L’avis de Sarah : Les traits et les couleurs sont effectivement très doux, mais le récit ne l’est pas toujours. A travers l’histoire de la création de l’école de Prudence Crandall on lit surtout une histoire de haines et de violences raciales.

D’un peu plus d’une centaine de pages, la bande-dessinée suit l’histoire de l’école du début à sa fin tragique. Mais c’est par la postface rédigée par la conservatrice du musée Prudence Crandall que nous en apprenons plus sur les destins des élèves de l’école (Sarah Harris Fayerweather, Mary Elizabeth Miles et Julia Williams entre autres). Elles ont continué à étudier et enseigner, ont participé à des réseaux de luttes et d’entraides, fondé des journaux. L’existence de l’école en elle-même a d’ailleurs contribué à l’existence du mouvement abolitionniste tout juste naissant. Mais c’est uniquement par ces quelques pages que nous comprenons l’impact qu’a eue cette école sur l’Histoire des Etats-Unis.

Bien qu’inspirante cette lecture m’a laissée sur ma faim. Par son choix de n’explorer que cette partie de l’histoire et en laissant une part assez importante aux personnages blancs partisans d’une ségrégation raciale, l’auteur (blanc) n’a pas réussi à nous transmettre la révolution que portait ces femmes.

Je vous invite à en apprendre plus sur leurs vies, et à dévorer la bibliographie proposée en fin d’ouvrage.

Titre : Le jardin de Gaëlle Geniller

Résumé : « Le Jardin » est un cabaret parisien au succès grandissant dirigé par une femme. Toutes celles qui y travaillent ont un nom de fleur et l’ambiance y est familiale. Rose, un garçon de 19 ans, est né et a grandi dans cet établissement. Il souhaite à son tour être danseur et se produire sur la scène, devant un public, comme ses amies. Il va rapidement en devenir l’attraction principale.

Radar à diversité : pp genderqueer (le personnage principal utilise à la fois des pronoms masculins et féminins)

Mon avis : Si vous aviez aimer Le Prince et la Couturière, vous allez adorer Le Jardin. L’ambiance cosy et familial d’un cabaret dans les années 20 donne envie de s’y réfugier. J’ai aimé que l’histoire soit celle de Rose, de son épanouissement, de sa prise de liberté. Ici pas d’antagoniste, pas de drame, juste une histoire qui réchauffe le coeur. J’ai par contre été un peu dérangé par l’étrange relation entre Rose et un homme (qui il me semble était plus âgé que lui). J’ai eu du mal à comprendre ce qui les liait.
J’ai par contre adoré les femmes du cabaret qui forme une famille et le symbolise en rapport avec les fleurs qui était très poétique.

8/10

Titre : Saga de Brian K. Vaughan

Résumé : Un univers sans limite, peuplé de tous les possibles. Une planète, Clivage, perdue dans la lumière froide d’une galaxie mourante. Sur ce monde en guerre, la vie vient d’éclore. Deux amants que tout oppose, Alana et Marko, donnent naissance à Hazel, un symbole d’espoir pour leurs peuples respectifs. L’espoir, une idée fragile qui devra s’extraire du chaos de Clivage pour grandir, s’épanouir et conquérir l’immensité du cosmos.

Radar à diversité : pp racisés, pp queer

Mon avis : Autant vous le dire tout de suite, j’ai l’impression d’être complètement passé à côté de ma lecture. Je me suis reprise à 3 fois avant de réussir à le finir. Mon plus gros problème c’est clairement le trop plein de scène de sexe. Je déteste ça dans les romans graphiques, je déteste que ça me soit imposé (contrairement au roman où je peux plus facilement les sauter). J’ai aussi du mal avec le côté absurde et au final j’ai à peine compris de quoi l’histoire parlait. Aucun personnage ne m’a semblé attachant. Je sais que mon avis ne sera pas celui de la majorité donc je ne peux que vous conseiller de vous forger votre propre opinion.

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