[DIVERSITHEQUE] Chronique de La Cité de l’orque de Sam J. Miller

Résumé : 22e siècle. Les bouleversements climatiques ont noyé une bonne partie des zones côtières, amenant, comme c’était prévisible, migrations, camps de réfugiés, guerres, violence et mort. Au large de terres en déliquescence, de nombreuses cités flottantes ont vu le jour. Elles abritent des centaines de milliers de personnes, dans un confort précaire pour le plus grand nombre et très satisfaisant pour la minorité dominante. C’est sur Qaanaaq, l’une de ces immenses plateformes surpeuplées, qu’arrive un jour, par bateau, une guerrière, accompagnée d’un ours polaire et suivie en mer par une orque. On dit qu’elle serait l’une de ces nano-bondés, liés avec des animaux, et dont nul ne sait s’ils existent vraiment. On la surnomme l’orcamancienne. Est-elle venue pour accomplir une mission terrible ou merveilleuse ou les deux à la fois ?

Editeur : Albin Michel
Date de sortie : 30 janvier 2019
Genre : SF, adulte
Nombre de pages : 396

Radar à diversité : pp non-binaire, pp lesbienne, pp gay, POC + auteur queer

L’avis de @planetediversite : Je commence cette chronique en vous informant qu’ici je ne parlerais pas du problème de traduction que j’avais découvert à ma lecture du roman en VF. Si vous voulez savoir de quoi je parle, c’est par ici. La maison d’édition m’a contacté suite à ces tweets et sont en train de régler le problème. Et maintenant entrons dans le vif du sujet.
Le roman se déroule des années après notre époque alors que les catastrophes climatiques et les guerres qui en ont découlé ont détruit une bonne partie de la Terre. On se trouve ici sur une plateforme maritime gigantesque, où vivent des millions de personnes, gouvernée par une intelligence artificielle. Rien n’a beaucoup changé par rapport à notre époque, les plus riches vivent aisément et les pauvres sont parqués dans des endroits insalubres. La technologie est très importante, on voit souvent des personnages avec des implants électroniques mais c’est toujours l’argent qui règne en maître. Le world-building est conséquent et on sent bien que l’auteur a pensé à chaque détail que ce soit le gouvernement, la presse, les cultures qui s’entremêlent, tout est bien expliqué et logique. La ville est devient presque un personnage à part entière.
Dans cette histoire, on suit le point de vue de cinq personnages :
Fill est un jeune homme gay plutôt malheureux qui a été infecté d’une maladie par son ancien petit-ami. Cette maladie (très ressemblante au sida dans le sens où elle se transmet sexuellement et par le sang, l’auteur a par ailleurs beaucoup écrit sur le sujet) se répand sur la plateforme et cause des hallucinations, des dépressions et la mort.
Kaev est un combattant qui doit jeter ses adversaires à l’eau pour gagner et qui est sous les ordres d’une femme très stricte.
Ankit travaille pour la ville comme administratrice et essaye de faire sortir sa mère malade de l’hôpital où elle vit.
Et Soq (them/them, j’utiliserais ici le pronom « iel ») est une personne non-binaire et son rôle est de livrer des messages sur la plateforme.
On a quelques fois aussi le point de vue d’un autre personnage que les autres appellent « l’orcacienne », c’est une vieille femme inuit arrivée récemment sur la plateforme à dos d’orque et avec un ours blanc qui la suit partout. Leurs histoires se croisent et se décroisent tout au long du roman. Au début, on peut croire que rien n’est connecté et puis petit à petit, on commence à comprendre comment ces personnages vont se retrouver.
J’ai aimé tous les personnages et notamment Soq et Ankit qui sont les deux auxquels je me suis le plus attachée. J’ai trouvé certains chapitres notamment ceux sur Kaev un peu long et son intrigue ne m’a pas particulièrement intéressé.
J’ai aussi été happé par l’histoire de l’orcacienne qui explique ce que son peuple a vécu et ce qu’il a fait pour survivre notamment se nanolier à des animaux afin de les comprendre et de les apprivoiser. C’est vraiment une partie de l’intrigue que j’aurais aimée que l’auteur exploite plus.
A travers son roman, l’auteur aborde de nombreuses thématiques : le genre, la religion, le climat, les inégalités. Ici, ce n’est pas l’action qui prime mais la réflexion sur ces sujets de société.
Il y a tellement de choses à dire sur ce roman que j’ai peur d’en avoir oublié. C’est probablement un livre où il vous faudra lire les premiers chapitres avant de savoir si vous voulez vous lancer, j’ai vu de très bonnes comme de très mauvais avis, à vous de vous faire le vôtre. Mais retenez ceci : si une dystopie climatique où une vieille lesbienne qui voyage à dos d’orque et veut retrouver sa femme vous intéresse, c’est qu’il vous faut lire La cité de l’orque !

7,5/10

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