[DISCUSSION] L’importance d’identifier les représentations dans vos chroniques

Booktubeur-euse-s, blogueur-euse-s et autres amoureux-euses du livre qui partagent leur passion sur les réseaux sociaux, je voulais aujourd’hui vous parler d’un sujet qui me tient à coeur et auquel je pense beaucoup depuis plusieurs semaines. Si vous me suivez sur mon compter Twitter personnel, vous avez peut-être vu mon rant sur l’édition française et à quel point, je trouvais que les maisons d’éditions françaises ne faisaient absolument rien pour diversifier les romans qu’ils publient. Gros big up à Nathan qui ne veut plus publier les romans d’Alice Oseman sous prétexte que le « YA ça marche pas » et qui ont donné 0 visibilité au roman De sang et de rage de Tomi Adeyemi qui vient de sortir (à part l’envoyer à tout le monde mais, ça, c’est pas ce que j’appelle « faire de la promotion »). Malheureusement, Nathan n’est pas la seule ME dans ce cas-là mais bref, cet article n’est pas là pour râler sur le manque de diversité mais c’est plutôt un article qui fait suite à celui-ci où je parlais de l’importance de la diversité et de quelle façon soutenir la diversité.
Aujourd’hui, on va parler de l’importance de mettre en avant les représentations dans vos chroniques.

Vous l’avez sûrement remarqué depuis le début du blog et avec grâce à la super idée de @lystopia nous avons mis en place le « Radar à diversité » qui me permet à chaque chronique de faire un point sur les représentations que vous trouverez dans le roman. Ça me paraissait normal de le faire afin de classifier et d’aider les lecteurs à trouver ce qu’ils recherchent. Mais récemment je me suis demandée pourquoi pas plus de personne ne le faisait pas ? Alors, je sais qu’en France on n’est pas au même niveau question visibilité des représentations qu’aux Etats-Unis par exemple. C’est un « débat » qui vient à peine de commencer chez nous et qui n’est porté que par les personnes issues de minorités. Je pense notamment à l’association Diveka qui fait beaucoup pour mettre en avant la diversité dans la littérature jeunesse et à quelques blogs comme Biblioqueer, Mistikrak! ou Mx Cordélia
Pourtant je pense qu’il serait nécessaire que tout le monde le fasse (oui, oui même toi homme/femme blanche cis et hétéro, surtout toi) pour que ça devient une sorte de réflexe et que les personnes concerné-e-s puissent elles aussi trouver des livres qui leur ressemblent facilement.
Honnêtement combien de fois, j’ai vu passer des chroniques sur les romans d’Adam Silvera ou Becky Albertalli qui ne mentionnent à aucun moment à quel point ils sont queer ?

Pourquoi mettre en avant les représentations dans une chronique ?

J’ai réfléchi aux nombres de livres que je n’aurai jamais lu si je n’avais pas su qu’ils contenaient des personnages lesbiens (vous savez comme j’apprécie un bon romance avec some sapphic girls) et en voici quelques-uns : Le Renard et la Couronne, L’oeillet de velours, Space Battle Lunchtime, L’espace d’un an, La trilogie Le Cercle, The Seven Husbands of Evelyn Hugo, Boudicca… Et je pourrais encore vous en citer d’autres. Ce sont des livres que je n’aurais pas lu de moi-même parce que le résumé ne m’attirait peut-être pas de prime abord ou parce que ce n’est pas mon genre de prédilection ou parce que je n’avais pas envie de lire un énième roman à la romance hétéro. Alors ne sous-estimez pas notre besoin de représentation. Dans le plupart des cas, je lirais n’importe quel livre où je me sente représenter tellement ces romans sont peu nombreux. Alors qu’est-ce qui vous dit que vos lecteur-trice-s, vos abonné-e-s ne recherchent pas la même chose ?
Cela permet de découvrir de nouveaux romans et de vous rendre plus inclusif aux combats menés par d’autres.

Comment le faire ?

Peu importe si la sexualité du personnage, sa couleur de peau ou son handicap n’est pas le centre de l’histoire et peu importe si pour vous ça n’a pas été un élément marquant car ce le sera pour quelqu’un d’autre. Il reste important que ceux et celles qui vous lisent ou vous regardent sachent que le livre contient de la diversité. Ça peut être simplement glisser avant, pendant ou après la présentation d’un livre. Ce qui compte c’est que ce soit dit au moins une fois.
Et non, la sexualité d’un personnage n’est pas un spoiler et si ça en est un, c’est que le roman l’a mal traité. On ne trouve jamais de livre où « RETOURNEMENT DE SITUATION X ÉTAIT HÉTÉRO DEPUIS LE DÉBUT ».
Alors voilà, n’hésitez plus à préciser les différentes représentations dans vos chroniques que ce soit sur votre blog, les sites comme Babelio, Goodreads ou Booknode ou même dans vos vidéos Booktube pour faciliter les recherches des personnes concernées !

12 commentaires

  1. C’est une question complexe. Je suis complètement d’accord avec toi : sans mention de diversité, je serai passée à côté de beaucoup de livres. Mais j’ai aussi peur qu’en signalant cette même diversité dans mes critiques, cela ferme la porte à des lecteurs et lectrices peu ouverts. Or je pense, en tout cas j’espère, qu’un livre peut parfois faire bouger les lignes et aider à dépasser ses préjugés. Bref : je ne sais pas quoi faire.
    J’avais mis des étiquettes explicites sur le site de Babelio et je les ai parfois enlevées…

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    • Je peux comprendre le dilemme mais pourquoi invisibiliser ces représentations pour mettre à l’aise certain-e-s lecteur-trice-s et laisser de côté celleux qui ont vraiment besoin de ces représentations ? Pourquoi il faut toujours ne pas vouloir froisser les homophobes/racistes etc. ?

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  2. Article très intéressant qui rejoint un post Twitter lu récemment et qui me pousse à voir sous un jour nouveau au moins une de mes chroniques… Mais de manière générale, il est clair que les romans publiés en France ne respirent pas la diversité. Je regrette cette frilosité incompréhensible de la part des maisons d’édition…

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  3. Entièrement d’accord, je serai passé à côté de tellement de livres si je n’y étais pas allé de prime abord pour la représentation ! Et j’ai passé trop de temps dans ma vie à essayer de déchiffrer les résumés pour savoir s’il y avait un potentiel contenu queer ou non (au risque de déception du coup).
    Et je savais pas pour Nathan et Alice Oseman, comme c’est trop naze ! 😦

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  4. J’ai vu ton article passé dans mon feed Twitter et cela m’a intriguée. Je ne peux qu’être d’accord avec toi et c’est même grâce à toi que je vais faire attention à ces détails.
    Je ne lis peut-être pas assez de livre avec des représentations de ce genre mais comme certaines questions me préoccupent (féminisme, écologie etc), j’espère avoir l’esprit assez vif pour repérer ces éléments et les partager aux futurs lecteurs.
    Très bon article et très pertinent !

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  5. Je viens de passer une heure à ajouter des étiquettes sur toutes mes lectures 🙂
    Vous avez raison : privilégions-nous un peu ; c’est important !

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  6. J’essaye de lire pas mal de représentations (surtout LGBT pour ma part) et c’est vrai que j’ai souvent coeur à signaler cette représentation dans mes critiques. L’idée de rajouter des étiquettes pour signaler les thèmes abordés, comme vous le faites ici, me paraît vraiment à exploiter…(d’autant que ça peut aussi indiquer les autres thématiques du roman par la même occasion). Et certaines représentations surgissent aussi dans des lectures au hasard, heureusement. Vous faites un formidable boulot sur ce blog et sur votre twitter.
    Par contre, je m’interrogeais : quand cette représentation est véritablement un spoiler sur l’intrigue, comment faire ? J’ai par exemple dernièrement énormément apprécié le roman noir « Sauvage » de Jamey Bradbury, qui présente un personnage trans ftm (quasiment jamais de façon explicitée, ou du moins écrite telle quelle : au début je me demandais si ce n’était pas moi qui voulais voir du LGBT partout, mas finalement c’est bel et bien dit sans utiliser les mots trans tout du long). Mais cet aspect du personnage est pour moi un spoiler sur l’intrigue, car tout le roman est très implicite de manière générale, très mystérieux, et il y a en fait si peu de personnages dedans que dire « il y a un perso trans dans ce roman » donne tout de suite l’indice sur l’identité du personnage en question, explique aussi des agissements…. Et en fait cet aspect du personnage est tellement bien traité, si naturellement, que cela en devient un secret sur lui qu’on découvre par l’intrigue (je veux dire, ça aurait pu être, le personnage est un assassin, à la place). J’espère ne pas être maladroite dans mes mots, ni offensante.

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    • Je connais pas vraiment le livre dont tu parles mais je crois toujours qu’aucune représentation n’est un spoiler et j’ai vraiment du mal à voir comment ça pourrait l’être. Après, c’est toi qui voit mais il faut aussi penser aux lecteur-trice-s trans qui recherchent de la représentation et qui passeront à côté de ce livre et c’est dommage parce que tu dis que c’est bien traité en plus

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      • En fait, il y a en gros 6 personnages principaux dans le roman : l’héroïne, son frère, son père, l’agresseur de l’héroïne, une amie du père et un employé du père. Et comme l’héroïne soupçonne son agresseur d’avoir envoyé quelqu’un pour la surveiller, il n’y a donc que deux choix possibles : l’employé ou l’amie du père. Et pendant un bon moment du roman, la tension et le suspens est mise sur l’employé, qui a un comportement parfois très ambigu et mystérieux, jusqu’à ce qu’on comprenne que son seul secret est d’être trans. Du coup, révéler ce secret n’est pas vraiment un spoiler sur le personnage en lui-même, mais il réduit considérablement le suspens de l’intrigue et son mystère, sur un roman qui tourne déjà beaucoup sur l’implicite. Après, il est certain qu’entre gâcher une partie de l’intrigue, et nuire à l’accessibilité d’une bonne représentation, je préfère nuire à l’intrigue.
        Oui, c’est vraiment bien traité je trouve, le personnage trans est certes secret et réservé mais jamais personne ne lui dit qu’il est anormal, l’héroïne considère son secret de façon tout à fait naturelle et ça ne change pas du tout sa vision de lui (d’autant qu’ils entament une relation amoureuse tous les deux). C’est vraiment écrit comme si c’était naturel, anecdotique, et un traitement aussi fluide fait beaucoup de bien à la lecture.

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  7. Je suis tout à fait d’accord avec toi sur tout ce que tu dis… il y a des séries comme Nightrunner que j’aurais lu plus tôt si j’avais su qu’il y avait des personnages LGBTQ+ dedans… et comme les maisons d’éditions françaises ne font pas attention à la diversité…
    Pour Nathan et Alice Oseman, je trouve ça gonflé de leur part : la traduction qu’ils ont faite est mauvaise, les couvertures sont hideuses et la quatrième de cour’ laisse entendre qu’il s’agit de romance à chaque fois alors que pas du tout…
    Bref pour avoir de la diversité, mieux vaut pouvoir lire en anglais… malheureusement 😦

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  8. Super texte et entièrement d’accord avec toi et aussi avec Nym de savoir lire en anglais puisque certains traducteurs ne reflètent pas assez bien cette dimension.
    C’est vrai que ce serait un gros plus de pouvoir savoir quand il y a un ou des perso autre que cis et blanc.

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