[DIVERSITHEQUE] Chronique de Baker Thief de Claudie Arseneault

Résumé : Adèle n’a qu’un seul objectif: attraper la voleuse aux cheveux mauves qui a fait irruption chez elle et lui a volé son exocore pour faire ses preuves auprès de sa nouvelle équipe de police. Ce qu’elle ne sait pas c’est que son voleur est aussi la boulangère locale.
Claire est propriétaire du Croissant-toi, mais si ses journées sont remplies de pâtisseries et de clients, ses nuits sont consacrées au vol d’exocores. Ces nouvelles gemmes rouges sont présentées comme l’énergie du futur, mais elle sait la vérité : elles sont faites d’âme de sorcière.
Lorsque sa jumelle – une sorcière puissante et un matériau de premier choix – disparaît, Claire redouble d’efforts pour enquêter. Cependant, elle continue à rencontrer Adèle et sa capacité à sauver sa soeur peut dépendre de leur relation conflictuelle et instable.

Editeur : The Kraken Collective (auto-édition)
Date de sortie : 26 juin 2018
Genre : Fantasy
Nombre de pages : 424

Radar à diversité : pp aromantique, bigenre, grosse. pp demiasexuelle, asthmatique. persos secondaires non-binaires + #ownvoices

Précision : le personnage de Claire utilise deux prénoms et pronoms au cours du livre, puisqu’elle est bigenre. Pour cette review, j’ai choisi d’utiliser Claire, en accord avec la quatrième de couverture.

L’avis de @Kartenffel : Je pense qu’il est plus simple de parler de ce qui nous a déplu dans une oeuvre, quelle qu’elle soit, plutôt que d’expliquer ce qu’on a adoré. Et je crois que c’est pour ça que j’ai autant de difficultés à rédiger cette review. Baker Thief est, indéniablement, une de mes livres préférés. J’en parle dès que possible, et mon désir de le faire lire à tous mes proches se bat constamment contre le fait que je tiens trop à ce livre pour le prêter.
J’ai d’abord été attirée par Baker Thief pour la représentation aromantique, et au fur et à mesure, d’autres identités s’ajoutaient, comme un mélange de tout ce que j’avais envie de trouver dans un livre, et de la manière dont j’avais envie de le trouver. Ces identités – ou maladies pour l’asthme d’Adèle – ne sont pas centrales à l’histoire, et si elles ajoutent des questionnements et complications, ce n’est qu’une juste représentation de ce qu’elles impliquent en réalité. Avec plusieurs personnages secondaires non-binaires, Baker Thief présente aussi un univers où la diversité des pronoms est plus commune et ouverte, et où il paraît presque simple d’être non-binaire et/ou trans ; et ça fait du bien !
J’adore les histoires de double-identité, et les thèmes du rôle qu’on peut jouer, et des masques qu’on peut porter, même au quotidien, en-dehors de tout actes illégaux. La fluidité de genre de Claire rajoute une couche supplémentaire à cette idée de double-identité, mais tout comme Adèle finalement, qui se place à la fois comme Adèle-la-cliente-de-la-boulangerie et Adèle-la-flic. Cela interroge toutes les facettes d’une personne, et comment elles s’articulent les unes entre les autres, et cela permet de présenter les personnages principaux comme complexes, comme partagé·es, comme humain·es.
Les relations entre les personnages a une place importante dans le livre qui met en lumière, surtout, les relations non-romantiques. J’ai beaucoup aimé les relations entre adelphes, entre ami·e·s, entre famille (je ne me lasse pas de la trope de found family). Avec ces relations, toutes très uniques et attachantes, pour certaines pré-existantes et d’autres qu’on a le plaisir de voir se construire, l’histoire souligne énormément la multiplicité des relations possibles et l’importance de la communication. Baker Thief joue aussi avec les codes de la romance pour une relation qui n’en est pas, et cela doit être un de mes énièmes points faibles que ce livre utilise.
Quand à l’intrigue en tant que telle, même si je ne suis vraiment pas difficile puisque ce n’est pas forcément ce qui m’intéresse le plus dans un livre (vous l’aurez peut-être deviné ?); je l’ai aussi beaucoup appréciée. Je n’ai pas eu l’impression d’être prise dans de grands moments de révélations que je n’ai pas vu venir, mais suivre la progression était un réel plaisir. Je pense que le début peut être un peu lent au niveau du rythme, ce qui m’a pas particulièrement dérangé car on apprenait tout de même à connaître ces personnages (et j’aurais lu 300 pages de tranches de vie sur elleux avec plaisir), mais je pense que ça vaut le coup de laisser au livre le temps de nous happer. Et même sans grand moments de révélations, je suis fan de la structure tant tous les éléments s’emboîtent si bien jusqu’au bout.
Je ne suis pas particulièrement fan de fantasy en soit. Mais Baker Thief m’a largement conquise avec cet univers qui, finalement, s’inscrit dans un décor plutôt réaliste, mais avec une autre culture, une autre histoire, très bien construite.
Les dialogues, autant que la narration, sont plein d’humour. En tant que lecteurice à la fois anglophone et francophone, je pense que c’est aussi un plaisir tout particulier de découvrir les jeux de mots entre les deux langues. Et je crois que si j’avais un reproche à faire, c’est que j’aurais aimé apprendre à connaître un peu plus les collègues d’Adèle et savourer d’autant plus leurs dynamiques (mais est-ce qu’on a vraiment le temps, sans faire traîner en longueur le livre, quand il y a des sorcièr·es à sauver ?).
Finalement, j’ai envie de recommander ce livre à toustes ! Mais surtout à celleux qui voudraient une histoire qui centre l’amour dans sa diversité, le pouvoir du collectif, et l’importance de prendre soin de soi ; tout en humour et en émotions.

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