[DIVERSITHEQUE] Chronique de L’espace d’un an de Becky Chambers

Résumé : Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang…
Les tribulations du Voyageur, parti pour un trajet d’un an jusqu’à une planète lointaine, composent la tapisserie chaleureuse d’une famille unie par des liens plus fondamentaux que le sang ou les lois : l’amour sous toutes ses formes.

Editeur : L’Atalante
Date de sortie : août 2016
Genre : SF
Nombre de pages : 448

Radar à diversité : homosexualité, bisexualité, POC

L’avis de @NotQuiteStill : e ne sais plus comment j’ai eu connaissance de L’espace d’un an, ce qui est dommage parce que j’aimerais pouvoir raconter une genèse complète et passionnante de ma relation avec ce livre, qui n’est pas loin de devenir mon préféré. Je me souviens qu’à ma première lecture, j’étais restée sur le derrière, très émue, parce que ce livre m’apportait tellement de choses que je ne pensais même pas chercher. C’était un peu comme me découvrir une famille. Et la relecture m’a fait l’effet de retrouver des proches dont j’aurais trop longtemps été privée. Rien que ça.
L’histoire aurait de quoi rebuter les fans d’action et de batailles spatiales, ou ceux qui cherchent à satisfaire leur soif de complots et intrigues politiques. Je trouve que ce roman s’inscrit dans l’esprit « tranche de vie ». On suit l’équipage d’un tunnelier (qui crée des tunnels dans l’espace, donc) qui part pour un trajet d’un an jusqu’à une planète hostile près de laquelle l’UG (Union Galactique, j’imagine) veut faire déboucher un tunnel. Ce long trajet laisse le temps à Rosemary de faire connaissance avec les membres de l’équipage et de découvrir la vie à bord de vaisseaux, elle qui a toujours vécu sur Mars. Le choc culturel est de taille, et l’est encore plus quand elle est confrontée à d’autres espèces. Ce qui est fascinant, c’est que contrairement à d’autres œuvres où les aliens sont des autres, des créatures étranges et forcément un peu rebutantes parce que différentes, ici on a le point de vue de Rosemary, qui a fait des études sur les relations inter-espèces et qui a été nourrie à l’idée de respecter les autres cultures. Souvent mise en garde par son professeur sur le danger qu’il y a à toujours tout voir au prisme de sa propre culture, l’autrice se sert de son personnage pour rappeler l’importance du respect et de l’ouverture d’esprit dans la relation aux autres.
Les relations sont au cœur de ce roman, et donc les personnages aussi. Tous attachants à leur façon, même Corbin, l’enfoiré de service (aucune famille n’est parfaite!). J’ai été émerveillée de (re)découvrir les autres espèces et leurs paradigmes. Les Aandrisks, qui pensent que les enfants ne sont pas des personnes, sont particulièrement fascinants, tout comme les Sianats, qui se laissent volontairement infecter par un virus qui raccourcit dramatiquement leur vie mais leur offre la capacité de naviguer dans l’espace à vue. La bienveillance que les membres de l’équipage témoignent les uns envers les autres (bon, Corbin mis à part) fait vraiment chaud au coeur, on aimerait que le roman ne se termine jamais tellement il apporte de réconfort et de joie.
Mais bon, il se termine. Alors, qu’est-ce qu’on en retient ? Énormément de positif. Il ne plaira pas aux gens qui ne jurent que par la hard SF, mais à tous les autres, il offre de super personnages, dont plusieurs personnes de couleur (les blancs sont assez rares dans cet univers), des aliens (ce qui permet de traiter le racisme autrement qu’en insultant les personnes de couleur), au moins deux femmes bisexuelles, un homme souffrant de malformation génétique, une jeune femme adorable qui parle souvent de ses deux papas… Il se passe assez de choses pour qu’on ne s’ennuie pas, et en même temps on est assez loin d’un space opera classique. Le vocabulaire se fait technique juste quand il le faut, assez rarement, et la plupart du temps l’autrice ne nous donne que ce l’on a besoin de savoir, sans faire des tartines pour développer la genèse de telle espèce ou de tel type de vaisseau (désolée, très récemment j’ai lu un autre space opera qui m’a un peu traumatisée et je peux pas m’empêcher de comparer). Ce qui donne un livre très facile d’accès, agréable à lire, avec un peu de l’humour, de drama, beaucoup d’amour et de bienveillance. Alors forcément, je ne peux que le recommander.

10/10

2 commentaires

  1. J’ai entendu parler de Becky Chambers aux dernières Intergalactiques, et ça me donnait déjà bien envie. Ton article confirme tout le bien que j’entends de cette autrice, faut que je m’y mette ! 🙂

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